Homélie de Mgr Pierre Calimé, cdas d'Autun
au cours de la Messe dominicale 
dans le cadre de Musique en Morvan

entouré de quelque 200 choristes internationaux et de tous les fidèles présents

 

Vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches : un seul peuple nouveau ″

Quand Paul écrit cela, il s'adresse à une communauté qui a toute chance de se diviser entre Juifs et non juifs, entre grecs et non grecs. Tout les sépare: culture, traditions, histoire. Avec la domination grecque, Israël a fait l'expérience de la modernité triomphante, de la domination de la raison froide et logique, jusqu'à l'Abomination de la désolation installée au Tem­ple lui-même. Oser se dire fidèle du Dieu des Pères était non seulement démodé mais passible de la mort. Il y a des apostats. Il y a aussi des mar­tyrs. Quand Paul écrit ces lignes, on lit encore dans les communautés jui­ves le livre des Martyrs d'Israël sous la domination culturelle grecque. Cela ne favorise pas l'unité)

 

Pour qui se veut aujourd'hui honnêtement croyant, les difficultés à exister comme tel ne sont-elles pas les mêmes ? Les défis de la modernité aujourd'hui ne sont pas d'une autre nature que ceux d'hier. Et l'on risque, tous et chacun, de s'enfermer dans ces certitudes illusoires et bétonnées qui font les divisions, les clans, on dit les communautarismes.

 

L'actualité la plus brûlante rappelle chaque jour à quel point des groupes humains peuvent être ″ loin les uns des autres ″ au point d'en venir au corps à corps meurtrier de guerres qui ne disent pas leur nom.

 

″ Vous qui vous croyez loin, vous êtes proches.″ Il suffit de croire - et de tout mettre en oeuvre pour que cette foi soit réelle et efficace - que ce qui construit la paix c'est le droit et la justice, comme le rappelle Jéré­mie dans son Livre (23, 1-6)

 

 

PAROLE DU SEIGNEUR: Misérables bergers, qui laissent périr et se disperser les brebis de mon pâturage ! C'est pourquoi - ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël contre les pasteurs qui conduisent mon peuple -: À cause de vous, mes brebis se sont égarées et dispersées, et vous ne vous êtes pas occupés d'elles. Eh bien ! Moi je vais m'occuper de vous, à cause de vos méfaits, déclare le Seigneur. Puis je rassemblerai moi-même les reste de mes brebis de tous les pays où je les ai dispersées. Je les ramènerai dans leurs pâturages, elles seront fécondes et se multiplieront. Je leur donnerai des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées et accablées, et aucune ne sera perdue, déclare le Seigneur.

Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je donnerai à David un Germe juste: il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. Sous son règne, le royaume de Juda sera sauvé, et Israël habitera sur sa terre en sécurité. Voici le nom qu'on lui donnera : ″ Le-Seigneur-est-notre­-justice. ″

 


 

La construction de la cathédrale Saint Lazare d'Autun a été décidée au XIIe siècle (vers 1120) par l'évêque de la ville, Etienne de Bagé. Dédiée à Saint Lazare, elle emprunte ses reliques à une cathédrale plus ancienne (Ve siècle), Saint-Nazaire, détruite au XVIIIe siècle. Le projet architectural s'inspire de l'église clunisienne de Paray le Monial. L'édification fut assez rapide, puisqu'elle s'achève en 1146.
La flèche et les parties hautes du chevet sont du XVe, les chapelles latérales de la nef, du XVIe.

 

 


 

 



Duccio di Buoninsegna (1255 - 1319)
La résurrection de Lazare (1308-11)
Huile sur bois, 43,5 x 46 cm
Kimbell Art Museum, Forth Worth